De l'album Premiers pas

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Saltimbanquier
(G. Roucaute/G. Roucaute)

Paroles

Saltimbanquier
G. Roucaute / G. Roucaute - F. Verguet

Dès l’orée du village mon pas fait fuir les gosses
Certains vieillards se signent d’un doigt osseux et blanc
Du mieux de leurs béquilles d’autres partent en tremblant
Je mène au fil des âges un bien curieux négoce
Dans vos villes, sur vos places, je suis pour vos tourments
Ô vile populace, banquier itinérant

Saltimbanquier, prêteur sur gages
Bailleur, cambiste, noir usurier
Dans vos campagnes et vos villages
A minuit s’ouvrent mes guichets
On ne refuse pas mes prêts

J’ai pourtant mes faiblesses et suis souvent prodigue
Quand je prête à l'enfant riche de ses promesses
Que sur son front tremblant, j’esquisse une caresse
Combien de ce seul geste naîtront de nuits livides ?
Ecoutez-vous hurler au fond de vos maisons
J’ai refusé le prêt à l’enfant, sans raison

Saltimbanquier, ladre funeste
Fesse-matthieu, noir boutiquier
Comptez bien le temps qui vous reste
Chaque seconde est un denier
Je vous saignerai au dernier

Attendrir un banquier, il en est qui essayent
Vous n’aurez, mes naïfs, pas un sou de pitié
Vous vivrez en captif ; moi votre créancier
Tous les jours je saurai rappeler que je veille
Votre’âge est en agio ; mais déjà il est tard
Vous sentez sur vos peaux ma main gantée de noir

Saltimbanquier, vous échapper
Lorsque vient la fin de l’histoire ?
Vous aurez beau me supplier
Pas de délai, de moratoire
Mais le paiement… libératoire

Je suis celui qui donne et celui qui reprend
En un lieu comme en cent, je prête ou bien j’emporte
Que je fauche innocents ou coupables qu’importe ?
Je n’épargne personne en petit épargnant
Jamais de mauvais coup, de braquage ou de fraude
A la banque de l’Ankou, celle de la mort qui rôde