De l'enregistrement Chansons fleuves

Ajouté au panier Indisponible En rupture de stock

La vie sans fioriture
(G. Roucaute/G. Roucaute)

Paroles

La vie sans fioriture
(G. Roucaute / G. Roucaute)

Et nous prenions des trains qui traversaient l’Europe
Les odeurs de banquette, les gares interlopes
Les vieux calorifères qui brûlaient les mollets
Sur nos mains qui se serrent, nos regards emmêlés

Les jours s’amoncelaient aux vitres couleur givre
Le temps se résignait à nous voir juste vivre
Les couloirs s’emplissaient du parfum lourd des corps
Les acteurs s’endormaient, et file le décor

Et c’étaient des forêts, et c’étaient des villages
Rien qu’à les voir filer on les savait sans âge
On les savait sans haine, on les savait sans bruit
Déjà le train entraîne la scène dans l’oubli

Quand la nuit s’avançait, il arrivait parfois
Que ton corps harassé s’endorme contre moi
De mes doigts audacieux, je caressais ton front
Mes lèvres en tes cheveux y murmuraient ton nom

Au hasard d’une étape, nous prenions nos quartiers
D’un hôtel sans étoile le grabat fatigué
Nous était lit d’amour, le drap grossier satin
Les dormeurs alentour en perdaient leur latin

Des courses à plus finir dans des villes qui rêvent
L’éclat de l’avenir du soleil qui se lève
La foule enrubannée d’un quotidien d’ennui
Les jours pour des années, des siècles chaque nuit

Et le temps s’écoulait comme seul en voyage
On peut le voir filer doux, caressant et sage
Au voyageur content, le pas lent des voitures
La caresse du temps, la vie sans fioriture

La vie sans fioriture